Wonder Woman

Wonder Woman est enfin sorti au cinéma mercredi dernier et il est temps pour moi de vous donner mon avis.

J’attaque d’emblée en confirmant que c’est un bon film, pas le meilleur du DCEU. Man of Steel surnage encore pour un ensemble de raisons qui tiennent autant à la cohérence du film sur toute la durée qu’à la qualité constante de la réalisation de Zack Snyder. Il n’empêche qu’après la double-déception Batman V Superman et Suicide Squad (chroniqués ici en version longue et ici), il est plaisant de voir un film qui se tient, avec une réalisatrice qu’on a laissé tranquille sur les trois-quarts du film et qui a des choses à dire.

Un film très agréable à suivre, avec du fond.

Le film souffre clairement de son classicisme à tous les niveaux, ce qui le rend finalement assez commun par rapport à l’ensemble des films de super-héros qui sortent désormais plusieurs fois par an. Pourtant, au milieu de ça, on a une réalisatrice qui, par une mise en scène très peu grandiloquente qui ne sert qu’à honorer les Amazones et le personnage de Wonder Woman, parvient à s’affirmer comme une excellente faiseuse. Surtout, elle est parvenue à tenir la barre face à des producteurs qu’on imagine tous azimuts à l’idée de sortir le premier film sur une super-héroïne avec un aussi gros budget. Le montage du film tient la route et elle sait construire chacune de ses séquences, montrant autant de plans iconiques que de véritables scènes servant à mettre en valeur les principes de son héroïne.

https://i0.wp.com/fr.web.img6.acsta.net/pictures/16/11/03/16/33/532910.jpgA ce titre, le film se rapproche énormément du personnage qu’on connait dans les comics, pleine de compassion, de naïveté et surtout preuve vivante d’amour envers son prochain. Diana voit toujours le bon chez les personnages qui croisent sa route. A ce titre, Gal Gadot prouve, après avoir voler le spectacle des deux débiles l’année dernière, qu’elle est l’incarnation parfaite du personnage. Toute en empathie constante, elle illumine l’écran de sa bonté naturelle. Et Chris Pine lui offre un parfait contrepoids en Steve Trevor, soldat qui croit en sa cause mais pourtant bien moins naïf que l’Amazone.

Néanmoins, il est dommage que les personnages du commando soient finalement peu développé pour qu’ils servent à autre chose qu’être des démonstrations de la diversité de l’humanité. Pourtant, l’idée de fond est bonne, composer cette équipe avec un arabe, un amérindien et un soldat traumatisé par la guerre auquel Diana démontre tout sa compassion est là encore un message fort d’amour envers une humanité diversifiée.

Pour ce qui concerne le spectaculaire, la séquence du no man’s land restera comme un véritable tour de force démontrant la puissance du symbole qu’est le personnage, lui permettant alors de se poser comme le véritable premier super-héros de l’histoire du DCEU, autant au plan historique que symbolique. Cela lui permet de prendre de facto la place de Superman, ce qui ne manquera pas de faire hurler les gardiens du temple. C’est un mouvement fort d’emporwement qui se produit lors de cette scène où la femme va envoyer péter l’ensemble des principes qui régissent sa position à cette époque pour prouver qu’elle est supérieure aux autres individus. Autant dire que les masculinistes vont en prendre pour leur grade et on voit d’ici leurs réactions outrées sur Internet.

Le film a un message clair envers une société qui regarde trop souvent la femme comme un être faible, incapable d’être l’équivalent de l’homme. Egalement, le film est clairement pacifiste, montrant l’ensemble des ravages provoqués par la guerre : misère d’un peuple perdu au milieu de décombres.

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Un final qui envoie tout valser.

Et pourtant, le final du film envoie valser ce que le film a construit pendant deux heures. Plutôt que de montrer une confrontation finale psychologique et purement intimiste, mettant en avant, une fois de plus, les valeurs du personnage principal, tout le monde décide qu’il vaut mieux tout faire exploser dans un bordel à la laideur inqualifiable et qui donne à repenser le final super laid de Batman V Superman ou celui tout minable de Suicide Squad.

Patty Jenkins qui se débrouillait si bien avec sa caméra se perd dans cette immense base militaire. Tout fout le camp : la spatialisation de l’action, la chorégraphie gracieuse et la photographie. Tout dégueule devant des fonds verts proprement immondes et totalement inexcusables au vu du budget du film. Les effets spéciaux ne brillent jamais dans le film mais là, on atteint un nouveau palier.

Le message d’espoir, de pacifisme relatif et d’amour se barrent durant ses vingt minutes interminables. Tout explose, les bâtiments et les gus à l’intérieur, écrasant du pied ce que le film s’est consacré à construire. C’est navrant et frustrant mais c’est aussi symptomatique que Warner est incapable de s’affranchir de ce que des tonnes de films Marvel Studios ont construit depuis Avengers. Au lieu de nous offrir une lutte plus restreinte qui serait plus lisible et plus intéressante, on préfère nous jeter des explosions à la gueule comme si nous n’étions que des idiots sans cervelle incapable de profiter d’un film sans son quota d’explosions et de destruction.

Bon et puis ce final à un autre problème, celui que le méchant du film est ultra-classique et très générique, que ce soit dans son look et ses motivations. C’est dommage parce que l’acteur est très bon même si son jeu est flingué par le doublage VF aux fraises total !

C’est dans la nature inhérente du blockbuster d’offrir un spectacle fun et spectaculaire mais quand le spectacle flingue tout ce que le film a mis en place, il y a des questions à se poser. La succession de blockbusters où le final s’emballe dans une folie destructrice totale peut se justifier dans certains cas mais la reproduction du schéma Avengers devient fatiguant et c’en est même franchement inquiétant pour Justice League qui ne ressemblera qu’à un ersatz gris des héros Marvel.

Bref, Wonder Woman est un bon film, très sympathique à suivre mais clairement en-dessous de ce qu’il aurait pu être. Au lieu de profiter de ce film pour clairement se démarquer de la concurrence, Warner se vautre dans les conventions mises en place par Marvel Studios.

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