La désélection VF du mois d’avril 2017.

Un peu tardivement puisqu’elle concerne le mois d’avril, je propose une nouvelle rubrique où je vais tâcher de vous présenter de façon détaillée les titres qu’il ne fallait pas acheter le mois dernier.

La désélection du mois, ce sont donc les titres qu’il faut éviter, selon moi, sorties en France, en kiosque ou en librairie. Ce ne seront pas forcément des purges mais des titres qui ont un potentiel et échouent lamentablement.

Je vais tenter de vous donner mon avis de la façon la plus constructive possible et c’est pour ça que la sélection sera fortement réduite. J’essayerais de choisir des titres provenant de séries différentes afin de ne pas toujours taper sur les mêmes personnes même si j’ai mes chouchous !

Spider-Man : Spider-Island, par Dan Slott et Humberto Ramos.

Spider-Island est très représentative de nombreux problèmes inhérents aux travaux de Dan Slott sur le personnage. Commençant pourtant avec une bonne idée, à savoir un virus qui confère aux habitants de New-York les pouvoirs de l’homme-araignée, l’histoire va très rapidement s’enliser.

Le premier problème est que c’est inutilement verbeux : Dan Slott veut jouer au malin et tente de nous faire croire que cela est prévu depuis longtemps, mécanisme qu’il reprendra dans Spider-Verse ainsi que dans The Clone Conspiracy. Si cela fonctionne une fois, ça marche beaucoup moins bien la deuxième fois et encore la troisième. Bref, pour cela, il invoque un personnage omniscient de l’univers de Spider-Man qui va nous pondre des explications pénibles et lourdes. Et l’ensemble de l’arc est ainsi : trop de dialogues, ne permettant pas aux planches de Humberto Ramos de respirer.

L’autre problème, c’est la gestion du rythme qui est là encore symptomatique du style de Dan Slott. L’auteur a ce don que possède nombre d’auteurs actuels : il fait monter artificiellement la sauce en posant des cliffhangers qu’il résout en une page dans le numéro suivant, ce qui prouve leur côté anecdotique alors que le but du cliffhanger est de donner un moment de suspense fort pour donner envie de revenir. Là encore, ça marche la première fois mais au bout de la troisième et alors qu’on attend que l’arc décolle enfin au bout du troisième cliffhanger en fin de numéro, tout reste calme et plat jusqu’au dernier numéro où tout s’accélère et se conclut beaucoup trop vite afin de justifier des numéros épilogues pour maintenir le lectorat en place.

Le truc, c’est que ces problèmes se maintiennent durant l’ensemble du run de Dan Slott, ce qui fait que je n’affectionne pas cet auteur qui tourne en rond sur le personnage depuis près de dix ans et ne parvient pas à se renouveler. Alors, ce n’est pas une purge, c’est juste que la hype qui entoure cet event m’est totalement étrangère et incompréhensible au vu des problèmes qui l’entourent.

Je ne me suis pas arrêté sur la partie graphique mais le travail de Humberto Ramos est bon mais, comme d’habitude, je n’aime pas la façon qu’il a de représenter les personnages, toujours très filiformes. Pour autant, son style convient parfaitement à Spider-Man, même si sa tendance à hyper sexualiser Mary Jane est un peu pénible.

Les Gardiens de la galaxie Tome 5, par Brian Bendis et Valerio Schiti.

Ne vous méprenez pas sur les dires de la 4ème de couverture : c’est loin d’être fini pour les Gardiens de la Galaxie puisqu’arrive la version All New All Different par la suite pour des aventures toujours aussi chiantes ! Si ce n’est plus… Si, si, c’est possible ! Enfin ça, vous le verrez uniquement si Panini Comics publie la suite en librairie sinon, y a toujours les kiosques.

Bref, si ce titre fait partie de la déselection, c’est pour plusieurs raisons. Premièrement, Panini Comics se fiche un peu du monde en mettant deux numéros de la série principale et deux numéros de la série Guardians Team-up qui voyait les Gardiens en binôme avec les Avengers. Et là, c’est un vrai problème. Ces deux numéros sont d’une nullité affligeante qui pue le projet commercial à des kilomètres. Art Adams n’a été recruté que pour donner une garantie serious-business au bouzin et encore, il n’est là que sur le premier numéro. L’écriture de Bendis est encore plus fainéante que d’habitude, ne prenant même pas la peine de construire des dialogues corrects alors que c’est bien la seule qualité de l’auteur. Déjà, il y a un sacré handicap… On aurait pu se dire que c’était dû aux publications américaines de Marvel que Panini se doit de respecter. Bah, non ! Regardez.

Déjà que pour les quelques courageux qui lisent encore la série, ça doit être pénible mais là, ça sent l’arnaque éditoriale. Pourquoi ne pas avoir fait un tome avec les premiers numéros de la nouvelle série ? Surtout que les deux séries s’enchainent assez bien, ce qui est la seule qualité de l’ensemble.

Ensuite, pour en revenir au travail de Brian Bendis sur la série, l’homme ne fait que capitaliser sur un côté soap très prononcé en créant des dissensions souvent vaines au sein du groupe et en ne se concentrant aucunement de l’aspect aventures dans l’espace. On sent bien que ce qui l’intéresse, ce sont les personnages, le problème est que, comme d’habitude, il oublie de construire une histoire autour de tout ça et ne se base que les conséquences du crossover « Le vortex noir » qui aura été bien vide d’intérêt. Et puis, on ne sent pas de réel intérêt de l’auteur pour tout l’univers cosmique. Fondamentalement, on a l’impression de retrouver les Avengers période Bendis basse qualité. Des relations apparemment travaillées mais finalement hyper creuses, la faute à des dialogues interchangeables et à des réactions neuneu des personnages. Chaque auteur adapte les super-héros à sa façon et les conçoit comme il le veut mais s’éloigner autant du travail du duo Abnett/Lanning me parait problématique. Drax est devenu un imbécile bourrin comme dans le film de James Gunn alors qu’il était un combattant chevronné et aux limites du suicide à chaque action de sa part. Star-Lord n’est plus qu’un piètre dragueur sans aucun leadership, Rocket Raccoon n’est qu’un bourrin qui flingue à tout va sans plus aucun sens tactique. La seule qui s’en sorte à peu près est Gamora qui s’affiche comme la seule avec une cervelle mais qui, en cherchant à faire la leçon à tout le monde, de la même façon que la Jean Grey des All New X-Men, finit par gonfler le lecteur.

Heureusement qu’il y a les dessins de Valerio Schiti pour assurer parce que le scénario est vraiment tombé très bas dans les tréfonds du vide après une chute déjà vertigineuse en qualité après le crossover « Le procès de Jean Grey ».

Voilà, c’était la désélection du mois d’avril 2017 !

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s