Les Gardiens de la Galaxie, Vol. 2

Après un premier opus qui avait séduit le public et les critiques grâce à un style décapant. Cette réussite on la devait autant à James Gunn, grand timbré issu du cinéma de genre très, très barré (regardez Super, son film de super-héros fauché, vous allez voir à quel point il l’est !) et aussi aux personnages peu connus, sorte d’anti-héros décomplexés et maîtres du rien à foutre !

Il était donc normal que Marvel Studios ait commandé une suite et le film persiste dans la voie lancée par Doctor Strange : un cahier des charges à remplir mais aussi une certaine liberté artistique laissée au réalisateur. Résultat : James Gunn se lâche dans un immense bordel de blagues, de plans fous, de travail sur les personnages ! Analyse.

Les personnages au cœur de l’intrigue.

La première qualité du film, c’est de ne jamais sacrifier ses personnages sur l’autel du spectaculaire. Ils sont au cœur du film, ils sont sa raison d’être, James Gunn les aime d’un amour fou et ça se ressent, parfois, c’est peut-être trop mais il y a une telle sincérité dans le propos qu’on ne peut que fondre. L’élément central qui motive toute l’intrigue, c’est l’analyse de cette famille totalement dysfonctionnelle. C’est aussi la question de ce qu’est une famille, ce qui la définit : liens du sang ou liens affectifs ? C’est une belle réussite qui permet au réalisateur de s’approprier le personnage de Star-Lord en modifiant la nature de son père. On passe ainsi de J’Son de Spartax, despote de la dite-planète à Ego. Pour ceux qui ne connaissent pas les comics, Ego est une planète. Ici, il y a un twist puisqu’elle se trouve une incarnation physique en la personne de Kurt Russell. Oui, oui, le grand Kurt Russell est le papa de Star-Lord. Et la réécriture des origines de Peter Quill permet au film d’affirmer son propos.

Surtout, le film se permet de rendre sympathique un personnage que je trouvais insupportable dans le premier épisode : Yondu. Membre de la première incarnation des Gardiens dans les comics, il avait été retravaillé pour s’imposer comme le chef des Ravageurs et le père adoptif de Star-Lord. Ici, il est beaucoup agréable car plus humain et surtout il est mis en difficulté. Dans le premier, il servait surtout d’élément perturbateur qui venait faire chier l’équipe quand le scénario le justifiait. Surtout, le deuxième opus le dote d’une relation avec Rocket Raccoon qui approfondit le personnage et le rend plus intéressant à voir évoluer. Nos deux comparses vont d’ailleurs donner lieu aux scènes les plus drôles du film (dont un hommage à Tex Avery) mais aussi les plus touchantes. Ils incarnent parfaitement ce que sont les Gardiens de la Galaxie : des types à l’écart qui se cachent sous l’humour, la bêtise, la traîtrise, etc.

Le reste du roster des Gardiens n’est pas en reste. Bébé Groot est adorable et donne une séquence d’introduction excellente. Surtout, son duo avec Rocket fonctionne toujours autant, ici, avec une inversion puisque c’est Rocket qui joue le protecteur, voire même le papa. Gamora et Nebula sont aussi mises au cœur du récit puisque leur relation devient centrale dans le cadre du récit mais leur intrigue reste une vraie surprise puisqu’elle parvient à rendre terrifiant le personnage de Thanos au détour d’un simple dialogue et elle donne de la consistance à un personnage qui en manquait cruellement dans le précédent opus. Thanos, c’est le méchant de tout le MCU, sauf que pour l’instant, on ne l’a vu que dans l’ombre et, à part les lecteurs de comics qui le connaissent bien, sa cruauté est difficilement perceptible. Là, le dialogue et la reconstruction de cette relation leur donne Elle nous permet surtout d’en apprendre plus sur Thanos et la manière dont il a « élevé » ses filles. Evidemment, quand on connait le personnage, élever est un grand mot, on devrait parler de torture.

Reste ensuite le duo que j’ai trouvé le moins intéressant : Drax et Mantis. Mantis est déjà un personnage que je trouve chiant dans les comics, idem pour Drax donc le film ne partait pas gagnant. Et le caractère primairement débile du bourrin et stupidement naïf de la petite nouvelle n’aident certainement pas. Leur intrigue n’a pas réussi à me passionner, la faute à un élément prévisible qui plombe clairement l’intrigue de tout le film.

S’il y a bien un aspect où le film pêche, c’est que l’ensemble de l’intrigue du film est très prévisible, justement parce que les motivations du méchant du film sont très faciles à deviner. C’est franchement dommage parce que quand on voit la qualité d’écriture des dialogues et surtout la description pertinente des relations entre tous ses personnages, on ne peut qu’être déçu par cet aspect. Par contre, ce même méchant est excellent et rentre dans le panthéon très fermé des meilleurs méchants du MCU, que ce soit ses motivations, somme toutes logiques avec sa personnalité et sa puissance ou justement ce dernier point, tout fonctionne. Sans jamais être manichéen, le scénario parvient à nous le rendre sympathique avant de bien nous faire comprendre sa folie. Il souffre du complexe de supériorité et est donc un véritable enfoiré de ce point de vue puisque tout le monde est sacrifiable, sauf lui. Evidemment, le méchant ne serait rien sans son interprète. Puissant, charismatique, l’acteur tient son rôle avec une excellence constante.

Une direction artistique au diapason.

Si le premier m’avait déçu sur un point, c’était la direction artistique un peu fade. Ici, c’est tout le contraire, ça pète de couleurs partout et on visite beaucoup de mondes, très variés, aussi bien au niveau de l’ambiance que de l’architecture. Entre la planète des Souverains (qu’on appellera les connards dorés par la suite !) grandiloquente, celle d’Ego qui propose plusieurs atmosphères en fonction de l’endroit comme le palais d’Ego à l’aspect organique ou le désert ou bien son jardin. C’est bien simple, on sent que James Gunn a eu carte blanche et lui et son directeur de la photographie, Henry Braham se lâchent et nous explosent la rétine.

L’ensemble du film baigne dans cette atmosphère qui rend pleinement justice aux ambitions de Gunn qui veut reproduire l’ambiance des années 80. Comme pour le premier opus, ça passe aussi par la bande-son que j’ai trouvé encore meilleure. Remplie de morceaux pop que vous reconnaitrez immédiatement, elle participe à la bonne humeur générale de l’ensemble, ce qui offre un contre-point très intéressant pour le scénario qui confronte assez violemment chaque personnage à ses propres failles et à ses propres contradictions, notamment Nebula, Gamora et Star-Lord.

Bref, Les Gardiens de la Galaxie, Vol. 2 c’est très, très bon. Pas meilleur que le premier mais pas moins bon. Au final, il y a un certain équilibre entre les deux épisodes qui comporte des défauts tous les deux.

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