La sélection grincheuse de la semaine du 5 avril 2017.

Hawkeye #5, par Kelly Thompson et Michael Walsh.

Double dose de Jessica Jones cette semaine ! Dans sa série régulière et en guest pour épauler Kate Bishop. C’est la rencontre entre l’apprentie détective et la détective aguerrie. Mais bon, ne croyez pas que Jess sera une prof ! Non, non, Kate va bien apprendre deux-trois trucs mais c’est plus lié au naturel râleur et décomplexé de la responsable d’Alias Investigations qu’autre chose.

Le numéro prend rapidement des allures de buddy-movie et on se régale des dialogues savoureux entre les deux personnages. Kelly Thompson soigne toujours autant le ton, les dialogues, il y a toujours ce côté féministe avec plusieurs pics contre les harceleurs et les machos de manière générale, cette positivité de chaque instant chez Kate Bishop qui change radicalement de Clint Barton. Bon, bien sûr, elle est très proche de son homonyme super-héroïque puisqu’elle est la reine des gaffes, ce qui est loin d’en faire la meilleure des détectives privés. Pour finir, un mot sur les dessins de Michael Walsh qui sont un régal de chaque instant, chaque scène est une merveille de découpage, que ce soit l’interrogatoire, la planque ou les scènes d’action. Vite, vite, la suite !!!

Champions #7, de Mark Waid et Humberto Ramos.

La série la plus politique de Marvel continue cette semaine et maintient le niveau. Que ce soit les personnages ou le discours, domaine où on attendait moins Mark Waid qui, s’il sait être un dialoguiste hors-pair ainsi qu’un auteur très fin à la fois pour la description des personnages mais aussi pour la mise en scène de leurs relations, n’est pas forcément celui qu’on attendrait le plus sur un domaine aussi politisé. La série combine tout ça sans jamais délaisser un élément au détriment d’un autre et c’est fou de voir autant de maitrise narrative. L’arc met donc toujours les Champions face à un ennemi qui s’approprie leur logo, libre d’exploitation pour permettre au plus grand nombre de s’en servir.

Le discours sur l’appropriation d’une marque et sa récupération à des fins mercantiles et surtout contradictoire par rapport à l’idée initiale est fin, bien écrit et surtout terriblement actuel. Si certains dénonceront la naïveté du message, surtout au regard du droit et de l’importance de protéger des créations intellectuelles, l’intérêt n’est pas là. Nos héros permettent à tous de se servir du logo librement pour se rallier au mouvement qu’ils ont initié et c’est un puissant message, synonyme de révolution.

Evidemment, les dessins de Humberto Ramos font le taf pour ce qui est des séquences d’action même si je regrette toujours que l’artiste ait la fâcheuse tendance de dessiner des personnages de trois mètres de haut et de rater légèrement Ms. Marvel. Ce ne sont que des détails pour ce qui est du talent du découpage et de la composition des pages. Tout est toujours très lisible, très clair et c’est agréable.

Deathstroke #16, par Christopher Priest et Larry Hama, Carlo Pagulayan et Roberto J. Viacava.

Je n’ai pas encore eu le temps de parler de Deathstroke mais sachez que c’est certainement l’une des meilleures séries estampillées Rebirth de la Distinguée Concurrence. Le scénario de Priest est retors, complexe, dense mais tellement intéressant. On connait Slade Wilson pour son caractère antipathique, ses talents d’assassin, on le connait aussi pour son rôle de mauvais père mais c’est au final un aspect peu exploité par les auteurs. Tony Daniel ou Kyle Higgins, pendant les New 52 avaient privilégié l’aspect foncièrement bourrin du personnage. Ici, Christopher Priest prend un parti osé et va concentrer son histoire à replacer Slade Wilson comme une pourriture de première qui entraîne dans son sillage toute sa famille mais surtout ses enfants, tout aussi dysfonctionnels que leur père. L’histoire se concentre alors sur Jericho et Rose, les présentant comme aussi barré que leur père alors même qu’ils seraient du bon côté de la ligne.

Par contre, un point où la série n’est pas très bonne, ce sont les dessins. Les scripts de Priest sont très bons et doivent être de vrais challenges pour les dessinateurs, le souci est qu’il n’y a aucune cohérence entre les différents artistes qui se relaient, ce qui est dommageable. Ici, le dessinateur est plutôt bon, même si le trait n’est pas le meilleur, on a eu tellement pire sur les deux précédents numéros qu’on ne va pas se plaindre. Par contre, les couvertures de Bill Sienkiewicz défoncent !

Nightwing #18, par Tim Seeley et Javier Fernandez.

Décidément, Tim Seeley a révisé ses classiques et notamment le travail de Grant Morrison. Le numéro est plein d’énergie, de fougue comme l’est le personnage principal, occupé à sauver sa chérie d’amour, prisonnière d’un Pyg toujours aussi barré et surtout il se permet de prendre le lecteur de cours en amenant un nouveau rebondissement alors que l’on pensait l’histoire bouclée. Tim Seeley trouble l’univers de notre héros en mettant en péril un proche. Alors que Nightwing pourrait prendre un peu de repos, l’auteur parvient encore une fois à nous surprendre et met l’acrobate toujours plus sur le fil du rasoir. La mise en danger de personnes aussi proches pourrait entrainer Dick dans des réactions violentes. J’ai hâte de voir la suite !

Si j’avais pu critiquer les dessins la dernière fois, il y a un peu de mieux cette fois avec toujours autant de dynamisme dans les séquences d’action. Ce sont souvent les scènes de dialogue qui pêche, la faute à des visages parfois étranges, notamment au niveau des masques.

Superman #20, de Peter Tomasi et Patrick Gleason.

Premier numéro de l’ère post Superman Reborn, il s’agit ici de replacer les personnages principaux : Clark, Loïs et Jon, dans ce nouveau statuquo. Cela se fait avec talent et sobriété, comme d’habitude avec cette équipe artistique qui remet au centre une menace qu’on voyait se profiler depuis les premiers numéros. Egalement, ils se permettent un quasi-remake d’une séquence du premier numéro avec plein d’humour où on apprendra que Batman ne mange pas de tartes.

Surtout, le numéro permet de recentrer le scénario sur le personnage de Jon, le fils de Superman qui n’évolue pas comme il le devrait d’après ce bon vieux paranoïaque de Batou ! C’est appréciable dans le sens où Superman a été placé au centre de beaucoup d’attention sur les numéros précédents et ça replace les thématiques chères aux deux auteurs dans le cœur du numéro et du futur arc.

On appréciera bien évidemment les dessins de Patrick Gleason qui se permet d’être plus joyeux que d’habitude, mettant plus en lumière l’ensemble des protagonistes.

Comme toujours, Superman est, selon moi, la meilleure série Rebirth !

Je reviens rapidement sur la fin d’arc de Batman avec le numéro #20 qui se finit en eau de boudin, sans véritable conclusion qui n’arrivera qu’à la fin mai, lorsque le crossover avec Flash sera terminé. Comme souvent, la série et la narration de Tom King souffrent beaucoup du calendrier de l’éditeur. Reste que le numéro et l’arc, au global, aura été très bon, même si je ne peux m’empêcher de tiquer sur de nombreux choix de l’auteur quant au personnage principal. Surtout, il n’y a pas ici, la qualité de narration attendue chez l’auteur de chefs d’œuvre tels que The Omega Men, Vision ou The sheriff of Babylon.

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