Tokyo Ghost

Rick Remender, le type qui écrit cinquante séries en même temps, revient avec une nouvelle série. Bon, rassurez-vous, y aura que deux tomes !

Alors, Tokyo Ghost, ça parle de quoi ? Remender oblige, c’est une série de SF, dessinée par un artiste talentueux, Sean Murphy (déjà à l’œuvre sur Punk Rock Jesus).

Dans le futur, la société est contrôlée par des entreprises de médias. La population est plongée dans une profusion de programmes tous plus débiles les uns que les autres grâce à des casques qui les diffusent en permanence. Remender va surtout s’intéresser à deux personnages, un couple, Debbie et Led. Elle n’est pas accro alors que lui est constamment plongé dans un flux débilitant. Ils travaillent pour le gouvernement et doivent éliminer les cibles qu’on leur indique, généralement, des fauteurs de troubles. Alors qu’ils pensaient être tranquilles après leur dernier contrat, le gouvernement leur confie ce qui ressemble à une mission suicide : découvrir et détruire un havre de paix à Tokyo.

Rick Remender, malgré la profusion de séries qu’il écrit est toujours aussi redoutable pour décrire des personnages et établir des relations humaines. Le couple au centre de l’histoire est touchant. Lui est plongé dans la quête de puissance que lui offre le branchement permanent, elle veut simplement profiter de son amour avec lui. C’est Remender donc l’optimisme n’est pas vraiment de mise avec lui…

Mais comme on en a l’habitude avec l’auteur, il y a toujours un sous-texte derrière et plusieurs niveaux de lecture. Personnellement, c’est surtout toute l’histoire sur la dépendance aux drogues dures qui me parlent le plus. Cette manière que certaines personnes peuvent avoir de succomber, de plonger tête la première pour ne pas assumer ou pour fuir la réalité me bouleverse sans que j’arrive à l’expliquer précisément.

C’est aussi une histoire où l’on découvre une passion de Rick Remender pour la culture asiatique avec ce que cela implique d’honneur, de recherche de paix intérieure. Les dessins de Sean Murphy subliment évidemment le scénario, son trait agressif, violent, parfois à la limite de la surcharge visuelle construise l’univers. On plonge dans un monde futuriste proche de Blade Runner, totalement blindé de néons, de publicités.

Pour moi, c’est un vrai bijou. La narration est parfois un peu lourde parce que l’univers est riche mais le talent de Rick Remender pour les dialogues, les situations tendues emporte l’adhésion totale. Il y a des facilités d’écriture mais si on aime les auteurs sincères, qui veulent construire un discours sans oublier les personnages, on ne peut que tomber sous le charme.

Et en parlant de Rick Remender, la prochaine fois, je vous parlerai d’Uncanny Avengers, aka la meilleure série Avengers de ces dernières années. Et je raconterai comment Marvel a foutu en l’air le plan qu’avait l’auteur pour la série.

Boum.

Drop the mic !

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