Luke Cage

Troisième série issu du partenariat entre Marvel (Television) et Netflix, Luke Cage était attendu après deux séries aux premières saisons en dents de scie : Jessica Jones et Daredevil.

Et vous savez quoi ? Et bah, c’est loupé dans les grandes largeurs !

 

Un gros coup de mou !

On va attaquer directement par le plus gros problème de la série, c’est mou !!!

C’est lié à plusieurs choses. Tout d’abord, l’ensemble de la série est d’un académisme qui rend tout hyper lisse. De là, l’écriture de la série est forcément pas très bonne, il n’y pas d’effet whaouh, pas beaucoup de surprises (j’en compte deux, au final), tout se déroule de façon hyper lisse et les personnages sont (globalement) très mal écrits. Sachant que le personnage principal est taciturne et invincible, les scénaristes n’ont pas su pallier cet élément. Il interagit au final avec peu de personnages et reste toujours très replié avec cette putain de rengaine de « je suis pas un héros » ! Je vous jure, au bout de trois séries, c’est relou !

Au final, on est en train d’atteindre les limites du modèle Netflix/Marvel (déjà). Parce que la mollesse vient, à mon avis, du nombre d’épisodes prévus qui fait que le rythme est totalement dilué. A un moment, il va falloir que les dirigeants comprennent que treize épisodes, ça ne marche pas tout le temps. Dans Daredevil, saison 2, c’était vachement bien géré parce que tous les arcs s’articulaient assez organiquement. Ici, on a une histoire qui possède un sous-texte politique intéressant (même si ultra-primaire, au final mais on y revient juste après) mais qui ne sait pas raconter les choses de façon intéressante parce que tout est super dilué.

Des bonnes idées, répétées ad vitam nauseum.

Pour autant, il y a de très bonnes choses. Principalement Cottonmouth, ce chef de la pègre de Harlem est l’un des seuls personnages de cette série à être bien écrit et bien joué. Mélomane, il permet à la série de bénéficier d’une bande-son à tomber le cul par terre (pour peu qu’on aime le hip-hop des 90’s) et permet de bénéficier d’un capital sympathie qui confirment que les méchants des séries Marvel/Netflix sont réellement excellents.

Le pitch politique est aussi intéressant mais trop dilué dans l’ensemble des épisodes pour au final tourner en rond. Le fait que Luke porte un sweat à capuche et qu’il se fasse tirer dessus est très pertinent au vu du climat actuel pour les Noirs aux Etats-Unis. Sauf que c’est répété pendant les treize épisodes, plein de fois dans chaque épisode, jusqu’à ce que ça devienne une forme de parodie. C’est vraiment dommage parce que l’idée est pertinente vis-à-vis du personnage. Luke Cage est l’un des premiers (le premier ?) héros black des comics et il est très vite devenu un porte-étendard de la culture afro-américaine.

L’idée est au final la même ici sauf que l’exécution est totalement foirée. Luke Cage devient un représentant de tous les blacks opprimés, accusés à tort. Il devient un Jésus black, le pari est fou, l’idée est bonne, l’exécution moins. Tous ces éléments vont être répétés à chaque épisode jusqu’à l’écœurement et qu’on en ait plus rien à foutre.

Par contre, là où la série est vraiment excellente, c’est dans la description de ce microcosme qu’est Harlem et à quel point ses habitants sont attachés à ce nom. Et par là, la série réussit l’exploit de réunir un casting quasi 100% afro-américain. Par contre, les performances d’acteurs ne sont pas là, Mike Colter, en tête, monolithique au possible.

 

Un symbolisme lourdingue (SPOILERS)

En plus de réutiliser ad-nauseum les mêmes thématiques politiques pendant treize épisodes, Luke Cage fait dans la sur-explication, le sur-symbolisme. La série est bardée de références religieuses, le nom Luke Cage provient de la Bible, il est un Jésus black, Abel et Caïn est très clairement établie comme la référence du second arc et dès fois qu’on soit trop con, c’est répété quarante fois par épisode. Je vous ai dit que l’écriture de la série était lourde ?

Je veux dire, la référence à Abel et Caïn est compréhensible directement dès qu’il est établi que Diamondback est le frangin caché de Luke (enfin caché, suffit juste que Luke se souvienne d’un truc à la con pour que ce soit plus caché). Et à partir de l’épisode 9, c’est parti pour des références à gogo sur Abel et Caïn jusqu’au moment fatal où un des personnages lance : « c’est comme Abel et Caïn ». Merci de me prendre pour un con, je kiffe !!!

En fait, le problème, c’est que le symbolisme vide absolument tout le contenu de la série. On vire à une auto-parodie à force de répéter cinquante fois les mêmes choses.

Non et puis Diamondback, on en parle ? Quand Cottonmouth meurt, je me suis dit : cool, on va partir sur une nouvelle dynamique ! Et là, ce gros bourrin arrive avec son gros gun, ses putains de balle Judas (z’avez saisi la référence ? Parce que Judas, il a permis de tuer Jésus) et son Hummer !!! Oui, le gars se trimballe en Hummer à Harlem, OKLM ! Tout va bien… Bref, le personnage est écrit à la pisse, motivé par des raisons débiles (ouin, ouin, je suis le frangin caché, papa m’aimait pas !). Enfin, c’est pas le seul, en fait, quand Cottonmouth part, le cerveau de la série aussi ! Les personnages, parfois bien débiles, deviennent des concentrés de stupidité !

Et pour finir, on parlera du meilleur personnage, j’ai nommé Shades AKA Lunettes noires ! En gros, à la fois l’écriture du gars et le jeu de l’acteur se résume à entrer dans une pièce, enlever ses lunettes noires, dire un truc et repartir en remettant ses lunettes.

Au final, c’est vraiment tout naze ?

La réponse à la question peut pas être franche. C’est pas aussi nul que ça parce qu’au milieu de la catastrophe qu’est la fin de la saison, il y a de bonnes choses et de bonnes idées. En fait, la première partie de la saison, donc jusqu’à l’épisode 7, est sympathique à suivre. On a les meilleurs persos de la série à ce moment, Cottonmouth, donc et aussi Shades, un flic bien cool à suivre qui bénéficie lui d’une bonne écriture. Mais bon, il meurt au bout de 6 épisodes !

Les idées n’étant pas encore trop surexploitées, l’ensemble passe. Quand Luke attaque l’une des bases d’opérations du méchant dans l’épisode 3, ça reste cool, ça tape un peu, y a le sous-texte politique. Mais après, l’épisode 7, la transition est super mal opérée, les deux épisodes suivants sont chiants comme la mort et quand le second arc commence vraiment, t’es au bord de la mort !

Le premier arc reste une bonne analyse politique sur le pouvoir, sur l’entre-soi mais bon, le tout va s’effondrer sur lui-même jusqu’à un final catastrophique qui a au moins pour lui de ne pas faire dans le happy-end.

Par contre, s’il y a une chose que je déplore, c’est la quasi absence de référence à Jessica Jones et c’est franchement dommage quand tu sais ce qui s’est passé entre les deux personnages…

 

En conclusion, c’était pas génial, au milieu de bonnes idées, l’ensemble tient sur un équilibre fragile jusqu’à s’effondrer totalement. Prions pour que Iron Fist ne soit pas du même acabit. Mais j’ai plus confiance. Comme Daredevil, le personnage a l’avantage d’avoir un background déjà plus développé avec au moins deux runs anthologiques (celui de Fraction/ Brubaker et celui de Kaare Andrews). Espérons que les mecs se chient pas la gueule !

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